• Bruno

L’intelligence situationnelle

Notre monde est en éternel mouvement. Nos habitudes, nos modes de vies, nos technologies évoluent, changent, se transforment. À moins d'être un grand visionnaire, nous ne connaissons pas aujourd'hui, quels seront les métiers que nos enfants exerceront demain ? Les savoirs et compétences enseignés à l'école, aujourd'hui, seront-elles ceux dont nos enfants auront besoin, demain ? Quelles seraient les priorités de l'école d'aujourd'hui, pour se préparer au monde de demain ?


L’intelligence situationnelle, qu'est-ce que c'est ?

Dans ce monde en constante évolution, il nous apparaît essentiel de développer les intelligences situationnelles, les capacités pour chacun et chacune à se questionner, chercher, s'adapter pour apporter une réponse appropriée. Chaque nouveauté, changement, apport, arrivée, projet, proposition, question doit être une joie qui vient piquer la curiosité de nos élèves, les motiver et les inviter à se questionner, chercher pour apprendre.



Redonner une place au « faire », sans mettre de côté le « savoir »

L'école doit aussi être un lieu où l'enfant est actif, travaille selon différentes modalités (seul, à plusieurs, en groupe), où le mouvement est possible, il interagit avec les autres, fait des choix, met en œuvre des projets, prend part à l'organisation de la classe. "L'enfant est auteur de ses apprentissages", pour reprendre l'expression si chère à Jean Piaget et aux constructivistes. L'articulation savoir / savoir-faire doit permettre l'acquisition de nouvelles connaissances et compétences. L'espace-classe est organisé pour permettre à l'élève de construire ses apprentissages. On y trouve des espaces dédiés aux sciences, à l'art, à la littérature et à la poésie, aux mathématiques. Le matériel disponible permet de poursuivre une réflexion, de tester une hypothèse, de chercher une réponse. Nos propositions pédagogiques laisseront ainsi une place importante à la manipulation, à l'expérimentation, à la recherche, au jeu en favorisant des situations concrètes permettant, quand cela est possible, d'accéder à l'abstrait.


La fin du « je sais tout » pour une autre place du maître(sse) dans la classe

Quelle joie j'éprouve, depuis que j'enseigne en énonçant, sans honte, à mes élèves : « je ne sais pas ». J'ajoute alors : « mais peut-être qu'un groupe d'élève pourrait chercher ? ». Vingt-cinq doigts levés trépignent d'envie de se lancer dans cette recherche de réponse, que même l'enseignant, ce Monsieur Jesaistout, ne connaît pas. Quand l'enseignant s'autorise à ne pas savoir, mais propose les outils aux élèves pour chercher, c'est, bien sûr, un nouveau savoir que les élèves sont sur le point d'apprendre, mais c'est surtout des méthodes de travail coopératives qu'ils sont en train d'acquérir. On apprend toute sa vie, pour peu qu'on sache chercher, qu'on ait envie de se questionner. Et pour l'enseignant, c'est une autre posture, il n'est plus celui qui sait et transmet. Il devient celui qui accompagne, qui propose, qui incite, qui sollicite... dans la joie et l'enthousiasme.

Bruno Bézier, directeur de l'école-collège